Premier envol de SAFRAN
Publié le mardi 14 août 2007
Le 6 août dernier, c’est dans un paysage et un décor atypiques que cette première mise à l’air libre s’est faite, à deux petites encablures de l’élément liquide. Sous un ciel pluvieux et peu inspirant, Gujan-Mestras, habitué aux va-et-vient des ostréiculteurs, aux championnats internationaux de pétanque sur la grande place spécialement aménagée, aux mises à l’eau de gros « yachts de luxe » fraîchement sortis des chantiers Couach, a vu sortir du chantier naval de Larros le nouveau SAFRAN sans sa quille !
Tous présents
A l’aide de plusieurs paires de bras motivés, la machine de course dont la construction aura duré plus d’un an sous l’œil de Thierry Eluère et de son excellent bras droit Stan, est poussée sur son chariot en bordure de la route. Sur le terre-plein, en plus des équipes du chantier et du sailing team, quelques journalistes mêlés aux amis et aux représentants du groupe SAFRAN, auscultent sous tous les angles notre nouveau bateau. Les architectes, Guillaume Verdier et Vincent Lauriot Prévost, sont également présents tout comme Christine Vannier, qui, par son concept de déco, a su mettre en valeur les lignes tendues de leur concept naval.
La quille est déplacée sous le bateau sur un ber à roulette
Séquence émotion
La suite s’enchaîne assez vite : mise à l’eau à la pleine mer du matin, grand moment d’émotion, puis départ un peu « cafouilleux » : vent de travers, chenal étroit et bateau sans appui dans l’eau. Nous sortons de la petite passe bordée des cabanons en bois typiques du Bassin d’Arcachon. Le remorqueur nous tire ainsi jusqu’au port d’Arcachon.
Dès 7H00, le lendemain, toute l’équipe est à pied d’œuvre pour mettre le bateau au sec et procéder à une série d’opérations qui vont bien remplir la journée : mise ne place de la quille, test de fréquence sur la quille par « ping test », effectué par un spécialiste de Snecma Villaroche, mise à l’eau, connexion de l’axe de vérin de quille, test d’auto redressement et enfin matage…
Test d'effort de la quille au centre d'essais de Snecma Villaroche
Mise sous pression du système hydraulique
Le test d’auto redressement ou test du 180°
Pour être conforme à la classe des 60’ IMOCA, chaque bateau doit être capable, sans mât et quille en l’air, de se mettre dans sa position normale sans aide extérieure. Des petits réglages d’hydraulique retardent l’opération d’une heure et demie. Equipés d’un casque, nous sommes, René Boulaire le jaugeur de la classe, et moi-même à l’intérieur du bateau, dépouillé de tous les objets qui pourraient voler. Pour déclencher le retournement, nous inclinons la quille par de petites pressions des commandes de l’hydraulique, le bateau prend une petite gîte et le mouvement s’accélère jusqu’à ce que le bateau retrouve sa position initiale. De l’extérieur, c’est assez spectaculaire, de l’intérieur, nous avons eu moins de sensation, la rotation a semblé relativement douce.
L'étrave de SAFRAN
Première navigation
Les journées du 8 et 9 août sont consacrées au réglage du mât, au montage des voiles et aux derniers détails que le chantier tient à effectuer avant notre départ programmé pour le lendemain. Le 10 août, vers 16H00, nous larguons les amarres avec, à bord, Charles Caudrelier, Loïc Lingois, deux des personnes clés du chantier, Stan et Romaric.
Voiles hissées à 1 ris, et foc de route pour ce premier essai, nous débrayons le moteur et, enfin appuyés par une bonne brise de 15 nœuds, nous passons une à une les bouées qui balisent les bancs de sable du Bassin. Des petits problèmes de réglage de l’hydraulique nous obligent à bloquer la quille dans l’axe (ce qui nous permet de valider notre vérin de secours).
Une grande satisfaction
Même sous-toilé au prés jusqu’en milieu de nuit avec 15 à 20 nœuds de vent axé au N-NW, nous découvrons ce nouveau SAFRAN avec énormément de satisfaction. Le système de ballast fonctionne bien, la barre est sensible, les dérives se manipulent facilement. En fin de nuit, le vent passe du NW au NE, les écoutes sont ouvertes et nous glissons gentiment en route directe vers la baie de Quiberon.
Je m’attarderai plus sur les sensations lorsque nous aurons navigué dans la configuration prévue, quille basculée, bateau toilé normalement. Mais je peux déjà dire que certains choix que nous avons faits, comme le plan de pont et l’ergonomie des manœuvres, paraissent judicieux. Bien que le vent n’ait fait que mollir à l’approche des côtes bretonnes, le bateau est sensible à la barre, réactif aux risées. Nous avons encore énormément de travail avant de pouvoir l’exploiter à 100%, mais les premières impressions de l’ensemble de l’équipage sont positives. En arrivant sur les bancs de Méaban, nous sommes accueillis par l’équipage de Loïc Peyron à bord du nouveau bateau Gitana 80, rencontre sympathique qui sera suivie par celle de ma plate jaune aux voiles rouges conduite par le meilleur équipage de la baie.
Un grand merci à tout ceux qui ont participé à cette première étape du projet : architectes, constructeurs, sailing team SAFRAN, collaborateurs du Groupe, voilier et autre intermittents indispensables à la naissance d’une telle machine. L’étape suivante sera plus maritime et certainement très riche.
Marc Guillemot
En savoir plus
Sites des architectes: http://www.guillaumeverdier.com | http://www.vplp.fr
Site de la décoratrice: http://www.christinevannier.com






































Commentaires
1. Le mardi 14 août 2007 à 21:00, par davidthual
2. Le mercredi 15 août 2007 à 08:15, par c.le barch
3. Le vendredi 17 août 2007 à 08:24, par hungry
4. Le vendredi 24 août 2007 à 16:07, par Sirial Kiki
5. Le vendredi 28 septembre 2007 à 15:29, par Nicoco
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