Le 21 juin, c’est l’été, du moins au calendrier, c’est aussi la fête de la musique. C’est encore la fin du stress pour une majorité de lycéens qui terminent les examens du Bac, avec la tête tournée vers les vacances.

Le temps de la pause (© Christine Vannier)

Pour nous, skippers de monocoque 60’, c’est le moment de faire une pause après ces traversées océaniques, entre l’Europe et les Etats-Unis.

Un entraînement grandeur nature

Le 14 juin, après 13 jours de navigation essentiellement faite aux allures portantes, Safran a rejoint son port d’attache à La Trinité sur Mer. Une traversée dont vous avez pu suivre quelques extraits en images sur ce site. Traversée qui aura été pour moi une source de connaissances pour appréhender et gérer au mieux toutes les subtilités qui permettent de gagner le petit dixième de nœud toujours difficile à atteindre, et surtout, de diminuer le temps de réflexion à chaque nouveau paramètre.

Bref, il y avait deux façons de gérer ce convoyage retour : mode croisière ou mode course. La croisière en solo sur un monocoque 60’ ne faisant pas partie de mes rêves, j’ai essayé de me rapprocher d’une configuration de course même si la pression et le stress du résultat sont absents. La variété des systèmes météo qui m’ont accompagné sur ces deux semaines m’ont obligé à multiplier les manÅ“uvres, idéal pour un entraînement grandeur nature.

Le temps de la pause (© Christine Vannier)

Ce retour en solitaire, que nous avions prévu de faire en duo avec Loïc Peyron, aura également permis de valider le système de transmission d’images qui nous a fait défaut pendant la course. Nous avons continué à enregistrer des images avec la caméra infra-rouge en tête de mât. Toutes les données stockées sur un disque dur alimentent les ingénieurs de Sagem Défense Sécurité afin de terminer la mise au point du détecteur d’O.F.N.I. (ndr : objets flottants non identifiés).

Vos messages, une vraie source d’énergie

Encore une fois, je tiens à vous dire que tous les messages laissés sur ce blog sont de vraies sources d’énergie pour avancer dans ce projet. D’ailleurs, je vous disais dans les brèves transmises du bateau pendant mon retour que je répondrai aux questions.

Le temps de la pause (© Christine Vannier)

- Ainsi, au commentaire du 28 mai (n°103) :
Non, je n’ai pas eu d’hallucinations, je n’ai pas ingurgité d’un trait, ni de deux d’ailleurs, tous les anti-douleurs de la pharmacie, ni vu ou distingué de sirènes, bien que cela puisse m’arriver…

- Pour répondre à plusieurs interrogations au sujet de la route effectuée par Safran vers Boston, après le passage de la Porte des glaces :
La dépression qui se situait dans notre ouest, côté Etats-Unis, nous donnait des vents de sud-ouest, et pour gagner en vitesse et surtout anticiper la météo des jours suivants, il était préférable de se laisser un peu glisser sous le cap pour être sous la route au moment où le vent refuserait ou remonterait vers le nord-ouest. L’approche de Boston a été difficile : peu de pression, des vents contraires, des conditions qui interdisent toute route directe. C’est vrai qu’en course, ou tout simplement en mer, la route la plus courte entre deux points n’est pas forcément la meilleure.

- A quand la 1ère place ? (message n°82 du 22 mai)
On verra, en attendant je fais tout pour y arriver.

- Où en sont mes fameuses « ribs », qui m’ont bien plombé le début de la Transat Anglaise ?
Je sors de chez le radiologue, ce qui n’avait pas été possible à Boston, nous avions obtenu un rendez-vous pour le mois d’août… !!! Bilan : une côte cassée avec déplacement sans incidence et sa voisine du dessus simplement fêlée. On m’a juste préconisé un peu de tranquillité, ça tombe bien, c’est ce que j’avais prévu après ces deux traversées.

- A Luc (message n° 54 du 19 mai)
Je n’ai pas encore lu ton roman « La Tourmente Kénavo ». Je me le réserve avec quelques autres pour les longues soirées d’été dans les mers du sud pendant le Vendée Globe.

- A Isabelle (message n°99 du 27 mai)_
Je ne pense pas avoir de lien de parenté avec Louise Guillemot à moins que… l’on ne sache pas tout…

Programme d’été

Pendant deux jours nous allons tester et valider les voiles qui équiperont Safran pour le Vendée Globe. Dès le 26 juin, le bateau sera démâté, déquillé puis mis au sec à notre base de St Philibert, et toutes les dernières petites améliorations que je souhaite apporter au bateau avant novembre seront faites par mon équipe. Nous prévoyons une mise à l’eau fin juillet et dès le début du mois d’août, je partirai une dizaine de jours pour valider à nouveau toutes les modifications mises en place.

Le temps de la pause (© Christine Vannier)

Bon début de saison estivale à tous et bonne navigation aux marins d’été.

Marc Guillemot

Crédit photos : Christine Vannier | www.christinevannier.com