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« Si j’avais eu au départ du Vendée Globe les pilotes de la Transat Jacques Vabre, j’aurais évité quelques désagréments. Et à l’inverse, si nous avions eu pour la Transat ceux du Vendée Globe, nous aurions eu beaucoup de mal ». En deux phrases, Marc Guillemot résume le rôle fondamental des pilotes automatiques sur un 60 pieds open. Nerf de la guerre, ils sont donc appelés à être toujours plus performants. La preuve : « Voilà un an, sous spi, on ne pouvait plus être sous pilote à partir de 12 nœuds de vent. Aujourd’hui, avec la même voilure, je peux aller dormir jusqu’à 20 nœuds… Ça change tout ! », raconte Marc. Le responsable de cette évolution ? Pierre Bourcier. Cet ingénieur en électronique embarquée, fondateur du bureau d’étude en électronique « Seaways », est un spécialiste des pilotes automatiques. C’est à lui que Marc Guillemot et le Safran Sailing Team ont fait appel pour doter Safran de ce qui se fait de mieux en la matière.
Une technologie empruntée à la Formule 1
L’expérience de Pierre Bourcier ? Appliquer aux bateaux des technologies informatiques de pointe empruntées à la Formule 1 via une « boîte noire » développée par un constructeur de moteurs d’automobiles de course. Utilisée avec des logiciels spécifiques, celle-ci permet d’obtenir en temps réel des informations essentielles sur les forces s’exerçant sur le bateau, ses performances, l’état du vent, de la mer, etc. Exactement comme le pilote de F1 et son team reçoivent des informations sur le comportement du bolide. Fournies par des capteurs installés dans certaines parties critiques du bateau, les informations recueillies et traitées par ce véritable « cerveau » s’avèrent indispensables pour régler de manière ultra précise les bêtes de course que peuvent être des Class America, l’Hydroptère… ou le monocoque Safran ! Ces données doivent permettre de tirer le meilleur des capacités des pilotes automatiques, et les rendre de plus en plus « intelligents ».
Inventer le pilote idéal
Pierre Bourcier résume : « C’est un peu comme si pour un athlète on avait un monitoring permanent de son pouls, de son indice de contraction musculaire, de l’efficacité de ses appuis au sol, etc. ». Schématiquement, ces nouvelles solutions informatiques permettent de « quantifier » ce qui ressortait surtout jusqu’ici de l’observation empirique du skipper. Celle-ci est ainsi complétée par des données factuelles et chiffrées. Très utile quand on doit régler deux pilotes automatiques comme à bord de Safran. « Ce qu’on est en train de faire avec Pierre, résume Thierry Brault, le team manager, c’est d’essayer d’inventer le pilote idéal ».
Associé très étroitement au Safran Sailing Team, Pierre Bourcier passe ainsi de nombreuses heures dans le ventre de Safran, afin d’optimiser toujours plus ses systèmes. Et aussi à bord, lors de navigations avec Marc pour l’assister dans le réglage des pilotes. La compétition de haut niveau exige le meilleur : pour être au top et y rester, il faut innover en permanence. Avec les ingénieurs du groupe Safran, l’équipe et bien sûr Marc Guillemot, c’est très exactement ce à quoi s’emploie Pierre Bourcier.